Introduction
Au monde de l'époque du Santa Conception de Esperanza ;
Entre fiction, fantasmes et faits.
Le monde où évolue le Santa Conception de Esperanza, qui est un gigantesque navire pirate, est différent en bien des points du monde où nous vivons. D'abord, il en est à l'année
1815, ce qui change de notre époque contemporaine. Ensuite, il fait évoluer des
pirates, qui sont bien différents de tout ce que vous pouvez croire. Enfin, le monde du Santa Conception de Esperanza est un univers
Steampunk.
Le Steampunk, c'est quoi ? C'est, pour moi, un des genres littéraires (Uchronique celui-là) les plus fertiles les plus
intéressants au monde. Je suis désolé par avance du vocabulaire un peu technique que je pourrai utiliser dans le prochain paragraphe, mais je ne vois pas d'autres solutions pour expliquer. Rassurez-vous, le RPG est plus facilement accessible =)
Steampunk veut dire, littéralement, "
Punk à vapeur". Le Steampunk, c'est ça : Un univers du
XIXe siècle (Généralement à l'époque Victorienne) où le moteur à explosion n'a pas vu le jour, pas plus que le pétrole et l'essence. Les machines à vapeur (Et le fer puddlé) y sont donc présentes en nombre défiant l'entendement. Le Steampunk induit la notion de gigantisme, de titanesques constructions à vapeur... Et c'est précisément sur quoi nous évoluons en ce moment même. Des chevaux à vapeurs, des trains, des bateaux à vapeurs, des usines, la fumée noire, le Steampunk, c'est ça. Maintenant, passons à la partie "
Punk" : Ce mot ("Sans-valeur" en anglais) induit dès le début la notion de prolétariat, des ouvriers, des hommes qui font tourner ce monde à vapeur. Ici, ce prolétariat est
maritime, représenté par les pirates.
De nombreux écrivains et jeux vidéos mettent en scène un univers Steampunk, à savoir, pour les plus connus, Jules Verne (V
ingt mille lieues sous les mers dont l'action se passe en 1866) ; H.G. Wells ; Phillip Pullman ; Alan Moore (
La ligue des gentlemen extraordinaires) ; le malheureux
Wild Wild West ; l'excellentissime jeu vidéo
Arcanum : Of Steamworks and Magick Obscura (RPG au nom parfois copié sans remords) ; l'excellent jeu vidéo
Thief ; l'honnête Bande Dessinée
Empire (De Kordey, Pécau et Chuckry, dont l'action se passe également en 1815)...
Le Steampunk, c'est un peu la partie
Fantasmes du RPG. A côté, il y a la partie
Fiction : Cela semble évident, car les personnages que l'on fait évoluer durant tout le RPG (Que ce soit vos personnages, Dacío Eneas ou bien Marc Arrov) ne sont bien évidemment pas réels et n'ont jamais existés, pas plus que le
Santa Conception de Esperanza. Egalement complètement
inventées, les cartes du monde de 1815 et les armes, les machines de l'époque n'ont jamais existé.
A la Fiction s'opposent les
FAITS. En effet, personnellement, j'ai toujours eu horreur des clichés, de ces RPG qui proposent de vous faire incarner un ninja ou un pirate sans faire une seule
recherche et sans se poser une question. Il se trouve que par un heureux hasard j'ai aussi traité le thème des Ninjas en RPG et je peux vous assurer que ces gens étaient plus des géologues et
alchimistes que des acrobates vêtus de noirs lançant
shuriken sur
shuriken. C'est exactement la même chose pour les pirates : De partout nous viennent les images
traditionnelles du pirate, avec jambe de bois, cache-oeil et couteau dans la bouche. Il est très dur de faire abstraction de ces
clichés car nous baignons dedans depuis l'enfance, avec, dès le début,
L'Île au trésor de Robert Louis Stevenson, véritable fondateur des premiers clichés, des premières images du pirate borgne et des trésors enfouis. Mon
combat contre les clichés dans les RPG, bien qu'il soit strictement personnel, vous concerne directement : En effet, ne pensez pas que je vous laisserai dans le monde des pirates avec votre ancien savoir : Avant peu, vous aussi vous pourrez dire que vous êtes une
base de données vivante.
Avant d'écrire ce RPG, pensez bien que je me suis procuré et j'ai lu plusieurs
livres écrits par des historiens spécialistes des pirates, massacrant allègrement clichés et caricatures. je peux maintenant dire - et n'importe qui ayant lu autant de livres sur ce sujet pourrait en dire autant - que je suis un spécialiste amateur sur la question des pirates. Parmi ces livres, si cela vous intéresse pour votre culture personnelle, =) Il y a
La Voile Noire des Pirates de Mikhail W. Ramseier ; et
Pirates et Flibustiers des Caraïbes de... Eh bin, en fait, plein de gens.
Donc, j'ai pas mal d'informations en mémoire, mais il est très difficile d'en faire une synthèse... Heureusement, j'ai pris quelques notes au fil de mes lectures qui vont m'aider à vous les restituer =)
Apprenez donc que :- Les pirates étaient porteurs d'une
uthopie, s'affranchisant des règles de la société pour vivre une vie plutôt uthopique. Ils fondèrent divers sociétés, notamment sur l'île de Madagascar (Notamment
Libertalia). Si l'on s'enrolait chez les pirates, c'était donc...
- Pour échapper à une vie qui se résumait en gros à trimer sous le
fouet dans la marine, ou devenir mendiant à terre, ou bien, la plupart du temps, planteur dans les colonies. Le choix de la piraterie s'explique aussi évidemment par l'
appât du gain, car, je dois le dire, la vie de pirate était plutôt bien payée. Ainsi, la plupart des pirates étaient
volontaires, s'engageant à terre en choisissant leur capitaine, ou bien même changeaient de bord après une bataille : "
Lors de la prise d'un navire par un forban, par exemple, le capitaine pirate demandait toujours à l'équipage fait prisonnier lesquels des marins étaient prêts à le suivre. De nombreux hommes faisaient alors un pas en avant qui allait changer leur destin." (
La voile noire des Pirates, de Mikhail w. Ramseier). Être pirate, c'était aussi être relativement
libre de choisir sur quel navire embarquer, quelle société intégrer (D'où Libertalia). Précisons aussi qu'en cas de décès prématuré du capitaine en mer, l'équipage élisait alors démocratiquement un nouveau chef. On tend souvent à voir la piraterie comme une dictature capitaliste, totalitaire et mettant en place un véritable système de classes dans les navires. Or, il n'en était rien... En partie parce que la piraterie "
représentait aussi, pour certains, une rébellion contre l'autorité, une protestation contre les durs régimes capitalistes dont ils avaient eu à souffrir." (
Pirates et flibustiers des Caraïbes).
- Personnellement, la question qui me taraudait au début fut celle de la différence en pirates, corsaires et flibustiers. Après quelques informations, cette différence est des plus simples... Voyez donc qu'un
Corsaire pratique une forme de piraterie "
commanditée par les Etats", faisant appel "
a des armateurs privés pour se lancer à l'assaut des navires [ennemis]". Théoriquement, "
le corsaire combat pour son pays en temps de guerre" (
La voile noire des Pirates, de Mikhail w. Ramseier).
L'autorisation d'attaquer et de piller les navires ennemis était remis aux capitaines sous la forme d'une
lettre de marque, dont l'obtention était sévèrement règlementée (Cependant, avec un peu d'or, tout est à portée). En échange de ce service rendu à la nation, le Corsaire pouvait revenir
librement et légalement dans les ports de son pays pour écouler son butin. En général, aucune différence notable n'est faite entre Corsaire et Flibustier. Cependant, on utilise généralement Pirate et Flibustier comme synoymes... Le pirate est, lui, illégal et pourchassé par tous les pays, les seuls ports où il se rend impunément sont les ports pirates (Moins nombreux que ceux des différentes nations). C'est un révolté, en guerre contre le système des états,
en marge de la société.
- Les pirates n'étaient ni des racistes, ni des xénophobes, toujours dans cet esprit d'uthopie. Ils étaient farouchement contre l'esclavage (Aboli en 1815 d'ailleurs). Cette réalité s'accorde mal avec le cliché du pirate totalitaire et borgne, ainsi on voit peu de noir sur les représentations habituelles. Or, dans
Flibustiers noirs, Kenneth Kinkor indique une moyenne de
25 à 30% de noirs dans les équipages de flibustiers. Aucune distinction entre noirs et blancs n'était faite sur les navires, ou pour le partage du butin, ou pour l'enrôlement.
- En parlant du butin, je vous le disais, le métier de pirate est bien payé. De nombreux navires revenaient fréquemment d'expéditions "avec des butins se montant à 1000 ou 2000 livres par homme. A l'époque, ces sommes étaient égales au
revenu annuel d'un grand seigneur..." (
La voile noire des Pirates, de Mikhail w. Ramseier). Eh oui, je vous le disais, ça valait le coup à l'époque =) .
- Si, en parlant des pirates, on parle souvent d'
hommes, c'est que les femmes n'étaient à l'époque que peu présentes sur les navires, à de
rares exceptions comme Ann Bony et Mary Read qui marquèrent les esprits (Ann Bony fut d'ailleurs la fiancée de Calico jack, alias Jack Rackham). Ces femmes, dans la réalité, devaient se travestir pour embarquer, mais elles étaient réellement peu nombreuses. Petite et exceptionnelle entorse aux réalités de la piraterie, on supposera, pour le RPG, que les femmes sont représentées en nombre
égal à celui des hommes sur les navires pirates, et qu'aucune distinction n'est faite entre les deux sexes.
- A propos de la fin des pirates, quand je vous disait que le
Santa Conception de Esperanza était le seul moyen pour ne pas mourir =) : "
...Pour ces hommes voués à disparaitre : [...] Certains tirèrent encore le diable par la queue [...] mais les marines de guerre étaient devenues trop organisées et trop vindicatives pour qu'un navire pirate puisse leur échapper bien longtemps" (
La voile noire des Pirates, de Mikhail w. Ramseier).
Je rappelle ici que ce topic n'est qu'une introduction, et qu'un forum background est à lire =D
Si vous avez des questions, je suis disponible en MP. Pour des suggestions, voir le forum dédié =)